Petit résumé historique
Si le document le plus ancien encore existant concernant le village de Ternay est daté de 1046, nous pouvons affirmer que les premières traces de vie sur ce plateau dominant la vallée de la Dive remonte à des temps beaucoup plus lointains (Traces Gauloises, Romaines et Mérovingiennes)
Aucun document écrit ne signale la présence d'une construction défensive moyenâgeuse sur ce plateau mais la tradition orale mentionne qu'une forteresse aurait été détruite pendant la Guerre de Cent Ans et les fondations de l'actuel édifice semblent très anciennes.
Bertrand de Beauveau sire de Précigny
Armes : d'argent à quatre lionceaux de gueules couronnés d'azur, lampassés et armés d'or, une étoile d'azur en abîme."
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Ses actes militaires, sa carrière de diplomate et de créancier à la cour des ducs d'Anjou et des rois de France, permettent à Bertrand de Beauvau d'amasser une fortune considérable. Ami de Jacques Cœur et du roi René d'Anjou, son jugement fait référence pour ce qui concerne l'Art.
C'est en 1439 que débutent les travaux de construction de son château à Ternay: de la forme d'un quadrilatère irrégulier enfermant une cour intérieure, une tour à chaque angle, le tout ceint d'un profond fossé et d'une forte muraille.
- Le donjon: construction hexagonale de proportion remarquable.
- La chapelle: merveille de l'art gothique, dentelle de sculpture.
- La cour intérieure: deux galeries superposées: délicatesse et raffinement.
Bertrand de Beauvau : un homme plein d'humour
Les guerres de religion
La vaste enceinte du château fut très endommagée à la suite des combats livrés autour de Ternay lors des guerres de religion en 1569.
Claude de Beauvau, seigneur protestant de Ternay, assassine le 7 avril 1574 son voisin catholique Jacques d'Arsac. Si la religion semble être le motif principal de ce crime il faut aussi mentionner les jalousies concernant les terres (les seigneuries des deux personnages se touchent). Maturine le Riche, veuve de Jacques d'Arsac assassiné, obtient après 24 années de procès la condamnation à mort par contumace de Claude de Beauvau ainsi que la mise en possession des biens de celui-ci.
La seigneurie de Ternay passe aux mains des d'Arsac en 1606.
Aveu de dénombrement 1491
Blason Beauveau/Tigny
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Les d'Arsac de Ternay
Armes : de sable à l'aigle éployée d'argent becquée et onglée de gueules".
C'est à la fin du 17 ème siècle que la famille d'Arsac entreprend des travaux sur l'aile ouest du château: construction d'un corps de bâtiment avec toit à la Mansard pour agrandir la surface habitable.
Le chevalier d'Arsac de Ternay passa toute son enfance au château avant d'accomplir une carrière exemplaire dans la Marine Royale. Après bien des exploits sur toutes les mers du monde, il fut nommé amiral de la flotte de Louis XVI. Il transporta avec succès les troupes de Rochambeau au nouveau monde pour aider les Américains dans leur lutte contre les Anglais. Il mourut à Newport en 1781.
Gabriel d'Arsac, son frère aîné, (1721-1796) député de la noblesse du Poitou siège aux Etats Généraux en 1789 puis émigre. Le château est vendu comme Bien National en 1792. Il s'engage ensuite dans l'Armée des Princes et meurt le 21 juillet 1796. Sa femme, Marie Adélaïde Cantineau de Commacre, rachète le château en 1804. Leur fils unique meurt en 1813 au Portugal.
Désormais sans héritier, la veuve se souvient d'une vieille alliance (1647) passée avec la famille d'Aviau de Piolan avec laquelle elle est restée très liée et lègue le château à Charles Marie d'Aviau de Piolan "à charge pour lui de relever les noms, titres et armes de la famille d'Arsac".
Les d'Aviau de Ternay
Armes: "de gueules au lion d'argent à la queue nouée, fourchée et passée en sautoir".
Charles Marie d'Aviau de Ternay, premier du nom, entreprend d'importants travaux sous les conseils de l'architecte Ojam:
- Constructions de nouvelles écuries (1864)
- Destruction des restes de la muraille et
comblement du fossé sur le coté ouest.
- Modification de l'aile ouest du château en
supprimant le toit à la Mansart.
- Modification des ouvertures des ailes nord et sud
Les travaux se terminent en 1880 pour donner au château son aspect d'aujourd'hui.
Ternay : Contes ou légendes ?
La légende de Saint Landore :
En l'an de grâce 1224, la Reine blanche de Castille, en compagnie de son fils, le jeune roi saint Louis (qui n'avait alors que 10 ans) vint tenir parlement pendant 21 jours, à la Charrière de Curçay. Elle y avait convoqué, au château , la puissante famille de Lusignan et quelques membres de la famille des Plantagenets.
Alors que la troupe passait par les bois de Ternay, un dénommé Landor aurai violenté une jeune fille du cortège. Il fut condamné à être pendu.
Le calme était revenu, un paysan qui passait par là découvrit le corps du dit Landor pendu sous un chêne, il coupa la corde et se rendit compte que le malheureux vivait encore.
Landor finit sa vie retiré du monde, en ermite, au lieu dit "la Cave aux sourds" situé sur la commune de Ternay. Il avait la réputation de guérir les muets, les maux de gorge et de l'insomnie (à cause de son nom) On venait de très loin pour le prier, il fut considéré dans la région comme un saint, puis un jour il disparut.
Une chapelle fut érigée non loin de la "Cave aux Sourds", on y venait encore en pèlerinage dans les années 1920. L'emplacement de cette chapelle est encore visite dans les bois de Ternay au milieu des épines et d'une végétation folle. Les anciens disent que l'on pouvait y voir une statue, très vieille, de facture grossière représentant un homme chaussé de sabots, une corde au coup et une couronne d'épines sur la tête.
Le Chillou de Courçu :
C'est sur le haut du plateau, à la croisée des chemins entre Ternay et Lantrais que nous pouvons le voir. ce menhir haut de près de trois mètres dresse fièrement sa silhouette. Les uns disent qu'il pèse quelques dizaines de tonnes et que ce type de roche ne se trouve pas dans les environs, il aurai fallu le transporter de très loin pour pouvoir l'ériger ici. On dit aussi qu'il aurai plusieurs fois sa hauteur sous terre.
M. Robuchon, grand érudit du XIXém siècle, pensait qu'il pourrai s'agir de la pierre centrale d'un cromlech. Ces formes tourmentées laisse voir à certains la représentation d'un dieu gaulois.
Quoi-qu'il en soit cette pierre mystérieuse a du résister plusieurs fois aux chaleurs torrides des incendies de la forêt qui l'entour. Peut-être, il y a environ 2000 ans, le chef gaulois nommé Tarinus (d'ou le nom Ternay) vint-il ici pour invoquer ses dieux.
Le souterrain : Légende ou réalité ?
Quand les anciens en parlent, ils ne font que répéter l' histoires que leurs parents et grands parents racontaient à la veillée, au coin du feu et ce depuis bien longtemps, avec toujours une petite pointe de mystère : On dit que........
Ce souterrain serai très vieux, la légende raconte que, partant de Ternay, il permettait de rejoindre à cheval la ville de Loudun (soit environ 10 km) et qu'il serai voûté sur toute sa longueur. Il passerai par la "Cave aux Sourds" mentionnée plus haut dans la légende de saint Landore.
L'affaire paraît peu probable mais qu'en est-il de la réalité ?
Il est vrai qu'une ligne de forteresses et de fortins (comprenant entre autre Berrie, Savoie, Montbrillais, Montforton, Ternay, Curçay, Ranton, Saint Cassien, Moncontour....) domine la vallée de la Dive. Cette vallée était autrefois faite de marécages et de tourbières rendant très dangereuses toutes tentatives de passage et formait donc par ce fait une frontière naturelle très efficace. Ces forteresses étaient en quelque sorte des bastions avancés qui protégeaient la ville royale de Loudun. La présence de souterrains entre Ternay et Savoie, Ternay et Curçay et Ternay et Montforton est connue mais ceux-ci étaient modestes : simples couloirs étroits creusés dans le tuffeau aujourd'hui en grande partie comblés.
Pour la petite histoire, le plan du départ des souterrains de Ternay a été retrouvé dans les archives de la ville de Newport, dans le Rhode Island aux États Unis (Voir la page du Chevalier de Ternay). Jamais sur ce document du XVIIIém siècle un souterrain partant de Ternay pour rejoindre Loudun n'est mentionné.
Et pourtant
En été 1976, année de triste mémoire à cause de la sécheresse qui a réduit à néant les récoltes, des amis décident de poser leur petit avion, un 4 places, sur l'aéro-club de Loudun et nous invitent à survoler Ternay pendant l'après-midi. Quel bonheur de découvrir notre belle région vue du ciel ! Pour que nous puissions tous en profiter plusieurs tours sont organisés. Le soir au cours du dîner les conversations vont bon train et puis la question tombe : Avez-vous remarqué ce tracé rectiligne qui va de Ternay à Loudun ? La réponse est unanime : Oui
Effectivement, tout le monde avait vu cette ligne de végétation complètement desséchée, longée de chaque coté d'une bande étroite de végétation plus verdoyante. Ceci était visible aussi bien dans la forêt que dans les plaines cultivées. S'agirait-il du tracé de la voie romaine ou d'un chemin moyenâgeux aujourd'hui disparu ou s'agit-il du souterrain de la légende ? Nous avons cherché, nous n'avons rien trouvé.
Ce n'est que quatre années plus tard que la question est revenue taquiner nos méninges. Cet automne la, un coup de vent vint déraciner quelques arbres et lorsque nous avons décidé d'aller constater les dégâts, vers le fond du parc sous le plateau d'enracinement d'un chêne renversé nous découvrons une cavité. Ce souterrain se trouve bien sur l'axe Ternay Loudun, son état est très mauvais, il est même dangereux de s'y aventurer mais la curiosité a été la plus forte. Le couloir voûté fait un peu plus de deux mètres de haut, il serai difficile d'y monter à cheval mais emmener sa monture semble réalisable. Nous évoluons à faible profondeur, seul un mètre de terre sépare la clef de voûte de la surface, partout des racines descellent les pierres et pendent dans le vide, les radicelles sont couvertes de rosée. Prudemment, nous faisons dix, vingt puis trente mètres mais ne pouvons aller plus loin : tout est effondré et comblé. Nous essayons de dégager un passage mais l'entreprise semble trop dangereuse.
Nous savons aujourd'hui qu'il arrive quelque fois aux agriculteurs qui travaillent au-dessus du tracé de voir des cavités s'ouvrir sous le poids de plus en plus important des matériels agricoles.
Le souterrain de Ternay Loudun a probablement existé, on peut le dater approximativement du XIIèm siècle, si y monter à cheval est impossible, emmener sa monture pourvu quelle ne soit pas effarouchée semble réalisable.
Les légendes ne sont-elles pas faites pour grossir les réalités ?
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