• Loïc de Ternay

Scandale au château de Ternay... Usurpation d'identité, Mais que fait la police ?

Dernière mise à jour : 17 août 2021

Lors du troisième confinement nous avons entrepris la restauration de la chambre d'hôtes "d'Arsac" au château.


La chambre un peu vétuste avait vraiment besoin d'un rafraichissement et d'un embellissement. Nous avons retiré les tentures murales, restauré et repeint les plâtres et les anciens tissus des baldaquins et des rideaux qui ornaient cette chambre en début du XXème siècle. Après un gros travail de nettoyage et de restauration ces belles tentures ont pu retrouver leurs places d'origine.


Cette chambre porte ce nom à cause du portrait du fameux chevalier d'Arsac de Ternay qui, au 18ème siècle, à la demande du roi Louis XVI, commanda la flotte royale et transporta les troupes du comte de Rochambeau aux Etats-Unis pour aider les américains à obtenir leur indépendance contre les anglais.


Ce grand portrait, cloué sur le trumeau de la cheminée, le représente en tenue d'officier.

Le chevalier d’Arsac de Ternay dans le trumeau de la cheminée

Dans cette chambre, la cheminée du XVII siècles avait été peinte et repeinte à plusieurs reprise dans les couleurs douteuses et, à une époque indéterminée - probablement dans le début du XIX siècle - le portrait représentant le chevalier d'Aras avait été déposé de son châssis découpé pour l'adapter et le clouer directement sur les pierres du trumeau.


Trop drôle : le bas de la toile avait été découpé, taillé et réutilisé pour boucher le haut du trumeau et nous pouvons voir sur la photo ci-dessous ce morceau ou l'on distingue la chaussure à boucle du personnage ainsi que le pied du meuble.

Morceau du bas de la toile pour boucher le haut du trumeau.

Nous avons méticuleusement décroché la toile et…


Ho stupéfaction...

Au dos de la toile, aucun doute n'est possible, la véritable identité du personnage apparaît.

Mr Brossier de la Charpagne

On dit que la tradition orale a du bon mais il ne faut pas toujours s'y fier, nous en avons ici la meilleure preuve.


Depuis combien d'année ce portrait était-il identifié comme celui du chevalier d'Arsacde Ternay ? Nous n'en avons aucune idée mais il est certain que mon grand-père Charles (1890-1972) nous donnait cette information qu'il avait probablement lui même apprise des générations qui le précédaient.


Qui est Monsieur Brossier de la Charpagne ?

Avec certitude, il est notre ancêtre ( extrait de Généanet très simplifié)

Blason Brossier de la Charpagne : d’azur au chevron d’or chargé de trois roses de gueules.
  • Né en 1742

  • Décédé le 27 novembre 1793 à la Maison d'arrêt, Saumur (49), à l'âge de 51 ans.

  • Métier : Receveur du district de Thouars.


Parents

  • Pierre BROSSIER de La CHARPAGNE 1702-1775 (Maire de Thouars, subdélégué de la voirie)

  • Catherine Marie Anne DENIS du CHIRON


Union(s), enfant(s), petits-enfants et arrière-petits-enfants

  • Marié le 19 janvier 1773, Niort (79), avec Renée MARTIN (Parents : Antoine MARTIN & Marie Renée DELAVAULT) dont

  • Perrine Marie Renée Elisabeth BROSSIER de La CHARPAGNE 1773-1854 Mariée le 22 octobre 1806, Montreuil-Bellay (49), avec Charles François Marie d'AVIAU de PIOLANT, Voir Ordre royal et militaire de Saint-Louis (Chevalier) 1772-1845 dont

  • Charles d'AVIAU de TERNAY 1808-1835 Marié le 11 novembre 1834 avec Malcie de MELIENT 1814-1886 dont :

  • Charles d'AVIAU de TERNAY Marquis de Ternay 1835-1920

  • Ludovic d'AVIAU de TERNAY, Marquis de Ternay 1861-1945

  • Charles d'AVIAU de TERNAY Marquis de Ternay 1890-1972

  • Amaury d’Aviau de Ternay Marquis de Ternay 1926-2014 (notre papa)

Intriguant…


J’apprends que notre aïeul est décédé à la maison d’arrêt de Saumur. Qu’à t-il fait comme bêtises pour être emprisonné et condamné à mort ?


Quelques recherches m’ont permis d’en savoir plus :

Homme noble et royaliste modéré, il fut receveur particulier du district de la ville de Thouars. Ce rôle lui permettait d’avoir des responsabilités importantes dans la gestion des finances de cette même ville. Les républicains, n’appréciant pas trop les qualités de ce personnage, d’autant plus qu’il était royaliste, l’ont accusé d’avoir plongé les mains dans les caisses de la ville pour se remplir les poches. Il fut exécuté à la maison d’arrêt de Saumur le 27 novembre 1793.

Ces héritiers ont cherché à rétablir la vérité et j’ai retrouvé sur internet son procès en réhabilitation daté du 27 Frimaire de l’an 5 (17 décembre 1796)

Dans ce procès, la totale innocence de Pierre-Jean Brossier de la Charpagne est reconnue.


Ouf, l’honneur de la famille est sauf…


Que faire aujourd’hui de ce portrait ?


C’est une peinture du 18e siècle réalisée par un artiste qui n’a pas du faire carrière dans les arts… Il n’y a pas de signature. Mais cette toile représente l’un de nos ancêtres... nous allons donc la traiter avec respect.


Ci-dessous le portrait de Perrine Elisabeth Brossier de la Charpagne, sa fille, qui oeuvra sans relâche avec ses frères pour obtenir la réhabilitation de son père.


Perrine-Elisabeth Brossier de la Charpagne par Bernard Daguet

Nous n’avons pas encore pris de décision mais une chose est certaine : nous allons lui rendre son identité : il n’est pas le chevalier d’Arsac de Ternay mais bien Pierre-Jean Brossier de la Charpagne…


Et dorénavant, pour éviter toutes confusions, voici les deux seuls portraits parfaitement authentifiés du chevaliers Charles-Henri-Louis d’Arsac de Ternay dit le chevalier de Ternay



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